Psaume 93:4

Après nos errances "porteñas", nous voici partis pour d'Iguazú. Si nous parvenons ainsi à éviter habillement le passage de la flamme olympique dans Buenos Aires, nous ne faisons que tomber de Charybde en Sylla. Puerto Iguazú est en plein effervescence. La contestation gronde et des hordes de manifestants déferlent sur la route touristique des chutes (et accessoirement une voie majeure de circulation). Tout ça parce que l'intendant du coin préfère moderniser le parc qu'investir dans les écoles. Comme s'il y avait besoin d'éduquer les enfants alors que le péquin analphabète moyen est tout à fait capable d'encaisser le prix du billet ou de conduire un bateau pour permettre d'admirer les chutes de près. Mais non, les gens sont égoïstes et ne pensent pas à tous ces pauvres touristes venus dépenser généreusement leurs sous. Ainsi donc, nous voilà obligé de descendre du bus pour passer à pied le barrage installé par les hippies latins.

Des pneus brûlent

Avisant des autochtones peinturlurés au couleur du parc, nous décidons de leur emboîter le pas. Même si la marche à pied, ça forme la jeunesse, 20 Km à pied ne nous paraissent pas tout être une distance raisonnable. Renseignements pris, un bus devrait nous rejoindre deux kilomètres plus loin. Nous remontons alors une file de véhicules en tout genre, dont les passagers prennent leur mal en patience. Trois militaires sirotent tranquillement leur maté appuyé contre leur camion. Nous finissons par rejoindre le lieu de rendez-vous, où une charmante pancarte nous accueille.

Pancarte d'un site militaire

Après cette matinée aventureuse, nous parvenons enfin au parc où un petit train permet l'accès des différents sites. Malgré des commandos de papillons suicidaires, la Garganta del Diablo gronde (comme la contestation) sous nos pieds apeurés (pour le reste, le courage sobre et digne est de mise).

Il est temps alors de rentrer à Iguazú. Les manifestants bloquent toujours la route (à force, l'impression est tenace qu'il n'y en a qu'une dans le coin). Dans le bus, nous croisons un Autrichien francophone qui, naturellement impressionné par notre flegme, analyse la situation : "Ah, mais c'est que vous avez l'habitude des manifestations et des blocages, en France." Une fois descendu du bus, nous poursuivons à pied jusqu'à la banderole qui coupe la route. Nous n'évitons le passage par la forêt que grâce à la présence de mon neveu (de l'âge de ceux concernés par le problème à la base de tout ce remue-ménage) parmi nous. On passe donc en leur souhaitant bonne chance. Quelques kilomètres plus loin, on parvient à trouver un bus grâce auquel nous pouvons nous effondrer sur nos lits plutôt qu'au fond du bas-côté d'une obscure route.

Manifestations du soir

Pour la petite histoire (petite au regard de notre aventure personnelle), le Ministre de l'éducation a fini par faire un tour dans le coin pour promettre de faire le nécessaire. Libérant la route et nous permettant de poursuivre notre voyage.